La Femme sur le sentier des interdits

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« Le Burundi traditionnel accordait une place de choix au conte en tant que puissant outil pédagogique dans la transmission des valeurs qui permettent à l’enfant d’acquérir une morale sociale harmonieuse, tout en posant les balises de l’interdit. Or, l’impact de la colonisation, l’évolution des techniques, l’introduction de l’école et le développement de la radio et de la télévision ont modifié les comportements et diversifié les sources de loisirs. De plus, du fait de l’âge, des guerres, des maladies, de l’errance et des privations, de nombreuses personnes détentrices de cette culture meurent sans transmettre leur savoir, entraînant l’extinction de la mémoire.

Interpellée par ce constat et désireuse de contribuer à assurer la pérennité de la parole héritée; j’ai, à travers le projet « recueillir pour transmettre », mis ma plume au service de ceux qui ont envie de transmettre et de ce qu’il y a à transmettre : contes, chants traditionnels, poésie liée aux métiers en voie de disparition, us et coutumes…

Le livre « La Femme sur le sentier des interdits » est le premier fruit de ce travail de transmission de la mémoire. Il sera suivi de trois autres ouvrages sur des thèmes différents. Il met en exergue l’image de la femme burundaise dans la littérature orale et la place qu’elle a occupée et qu’elle occupe encore dans la transmission de la culture. La femme burundaise a toujours été entourée d’interdits. De plus, elle ne pouvait pas s’exprimer en public car, selon un adage bien prisé des hommes, « la poule ne pousse pas de cocoricos quand le coq est là! ». Pourtant, c’est à elle que les contes attribuent les changements les plus significatifs de la société. Qu’elle soit pétrie d’une générosité pouvant aller jusqu’au sacrifice de sa vie, ou d’une jalousie qui ne recule devant rien ; être de l’ombre et du silence, sur le sentier pavé d’interdits, elle a forcé le destin à compter avec elle !

Un livre pour vous faire découvrir un pan de ma culture.

Un livre surtout pour redire merci à toutes celles et à tous ceux qui m’ont permis de l’écrire en me rendant la vue ! »

Marie-Louise SIBAZURI

Formatrice en Communication NonViolente certifiée par le CNVC